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Zavatteries ou pourquoi le faire prendre une veste

samedi 23 février 2008.

Aujourd’hui il n’existe q’un véritable cirque digne du fondateur du cirque Achille Zavatta.

Nombreux cirques forains familiaux utilisent le nom ZAVATTA label de qualité , ne vous y trompez pas ce ne sont que des loueurs d’enseignes .

Le seul VRAI cirque ZAVATTA actuellement sur les routes de France.

Que les électrices et les électeurs genevois ne se laissent pas piéger le 20 avril 2008.


L’éditorialiste de l’hebdo patronal "Entreprise romande" du 11 avril 2008, qui appelle à voter Zavatta (de la part du weissblock, c’est une évidence) se débarrasse de François Paychère en ces termes : "Tout en refusant d’être le serviteur des partis de gauche, celui-ci n’est pas sans raison inscrit au parti socialiste depuis plus de vingt ans !".

Alors que c’est sans raison que Zavatta est inscrit au parti radical, et
que c’est par inadvertance que l’UDC lui apporte son soutien...


On se souvient (il ne cesse d’ailleurs de nous le rappeler, et les
milieux immobiliers d’y faire écho) que Zavatta s’est constamment
présenté comme l’homme qui a mis fin aux squats à Genève.

Dans La Tribune de Genève du 1er avril 2008 (la date n’y étant pour rien), François Paychère rappelle que "c’est le marché qui a fait chuter le nombre d’immeubles non habités", et pas le Procureur général.

Zavatta reconnaît lui-même que la plupart des occupants illicites sont partis d’eux-mêmes.

Bref, les grands succès de Zavatta ne doivent pas grand chose à Zavatta, et beaucoup au "marché" du logement.

Mais pour laisser "jouer le marché", c’est pas d’un procureur dont on a besoin, c’est juste d’un régisseur. Et ça tombe bien, c’est apparemment ce qu’on a.


Amère cerise sur l’aigre gâteau servi à la droite, "Le Temps" (du 14
janvier) dresse de François Paychère un portrait qui, en creux, dessine
celui de son adversaire. Paychère "juriste pointu, solide, indépendant,
un brin austère, voire très conceptuel", serait un "procureur général
plus sélectif, qui s’investit personnellement dans les dossiers
complexes, qui lutte efficacement contre la délinquance routière et
édicte des directives claires (...), qui oriente les efforts de la
police sur les réseaux de trafiquants de drogue plutôt que sur les
petits revendeurs, qui donne des impulsions et veille à la progressions
des dossiers économiques mammouths du style de la (Banque cantonale),
qui instaure une politique plus pro-active en matière de lutte contre le
blanchiment d’argent et qui ouvre l’œil, et le bon, sur les criminels
de guerre et autres tortionnaires venus s’aventurer dans la cité".

On ne pouvait pas mieux décrire Zavatta, sans dire un mot de Zavatta.


Répondant au pseudo "questionnaire de Proust" présenté par la "Tribune
de Genève" aux deux candidats au Parquet général genevois, le titulaire
du poste et candidat à y rester, Zavatta, s’est généreusement octroyé
comme principal trait de caractère et comme principal défaut : "être juste".

Ouais. Admettons.

Sauf qu’avant d’"être juste", faut juste être.

Et pas seulement paraître.


Le programme de politique criminelle de Zavatta "défend des valeurs qui
sont les nôtres à 99 %", se félicite le président de l’UDC genevoise,
Soli Pardo (La "Tribune de Genève" du 2 avril 2008).

... Le pourcent qui manque, c’est quoi ? La démolition du minaret de la
mosquée du Petit Saconnex ? L’obligation du port de la rouelle par les
Roms ? La réintroduction du pilori pour les squatters ?


"On ne remplit pas Champ-Dollon de gaîté de cœur ! Mais il est exclu
qu’on relâche les criminels pour des problèmes d’infrastructure", a
déclaré Zavatta ("Tribune de Genève" du 2 avril).

Est-ce que quelqu’un pourrait rappeler à Zavatta, ci-devant Procureur
général en place, que Champ-Dollon est une prison préventive, que ceux
qui y sont détenus (à part les condamnés qui n’ont d’ailleurs rien à
faire dans une prison préventive) sont de par la loi et la Constitution
présumés innocents jusqu’à ce qu’un tribunal (et pas seulement le
Procureur Général tout seul dans son coin) ait conclu à leur
culpabilité, et qu’il ne s’agit donc pas de "relâcher des criminels"
mais, éventuellement, de mettre des prévenus préumés innocents en
liberté provisoire ?


Commentant la décision de Zavatta de "faire appliquer la loi" en
ordonnant ("c’est mon devoir") aux policiers de racketter les mendiants,
le président du Conseil d’Etat Moutinot prédit (dans "Le Matin" du 22 février) le "triste spectacle d’un policier prenant un gobelet avec des pièces et le rendant vide au mendiant" ; le député Velasco résume : "c’est dégueulasse" ; le théologien Fuchs soupire : "C’est assez troublant,
pour ne pas dire scandaleux" ; le maire de Genève Mugny, dénonce
"le populisme le plus bas" ; le rédacteur en chef du "Matin" plaint "les
policiers qui devront faire les poches des mendiants pour les délester
de quelques misérables francs"...

Ils ont tous mille fois raison. Et le député UDC Nydegger, qui, lui,
soutient Zavatta, a donc tort, quand il déclare que "les mendiants
n’ont rien à faire chez nous". Ils ont quelque chose à faire chez nous,
les mendiants, et quelque chose d’important : ils ont à y faire la
campagne électorale de Zavatta.


Le Temps (du 19 février) annonce que le chef du service des votations et
élections, Patrick Ascheri, a signé une liste de soutien à la candidature
de Zavatta à sa propre succession. On attend la signature de Thierry Cerutti…


Interrogé (dans "La Tribune de Genève") du 14 février) sur la
responsabilité des magistrats dans la surpopulation carcérale à Genève,
Zavatta est catégorique : "les magistrats ne dolivent pas tenir compte des places disponibles à Champ-Dollon. (...) Quand la population augmente, on construit plus d’écoles. Il en va de même avec (les prisons)".

C’est con comme la lune. Parce que si on construit des écoles quand la
population en âge scolaire augmente, pour les prisons c’est le mécanisme inverse : on augmente la population carcérale quand on construit des prisons. Chaque fois qu’on construit une prison, on la remplit. L’offre carcérale ne répond pas à la demande, elle la créée.

Mais allez expliquer ça à Zavatta...


Quand "La Tribune" (du 14 février) lui demande de donner "trois priorités"
de son programme de candidat au poste qu’il occupe déjà, Zavatta répond en en balançant dix dans un catalogue à la Prévert (manque que le raton-laveur, mais la police est sur ses traces).

Zavatta chantant l’air du catalogue : il nous semblait bien qu’il tenait
plus de Leporello que de Don Giovanni...


"Je suis un procureur indépendant", proclame Zavatta dans "La Tribune de Genève" du 14 février...

... et une petite entreprise de plus à genève, une !


Interrogé par "La Tribune de Genève" sur son "premier souhait pour
2008", l’actuel Procureur général Zavatta a répondu : "je voudrais plus
de temps pour ma famille"...

... c’est aussi l’un de nos premiers souhaits : que Zavatta ait plus de
temps pour sa famille.

Beaucoup plus de temps. Tout son temps, même.


Dans un entretien au "Temps" du 10 janvier, l’ancien procureur général
Bernard Bertossa appelle clairement à ne pas réélire son successeur,
Zavatta, à une tâche pour laquelle il n’a "pas l’étoffe
nécessaire"...

C’est effectivement une raison pour lui tailler un costard. Et souhaiter
qu’il prenne une veste.


Les critiques de Bertossa ont fâché Zavatta, qui invoque "l’éthique et
l’élégance" pour prier son prédécesseur au silence ("Le Temps" du 11
janvier).

Zavatta professeur d’éthique et d’élégance, c’est beau comme un
squatter défenseur de la propriété privée.


Expliquant pourquoi l’UDC ne présentera pas de candidat au poste de
Procureur général, et ne fera rien pour empêcher la rééelection de
Zavatta, le président de l’UDC genevoise, Soli Pardo confie à la
"Tribune de Genève" du 29 janvier qu’il ne croit "pas que le programme
de politique criminelle que nous défendrions (en présentant un candidat
au poste de Procureur général) serait très différent de celui de M.
Zavatta"...

... ben non, c’est le même...


Fin janvier, les radicaux (le parti de Zavatta) annoncent le dépôt d’une
interpellation urgente demandant au Conseil d’Etat d’exclure Bertossa du
groupe de travail sur la mise en place de la procédure civile fédérale
unifiée, au motif amusant qu’on ne pourrait "à la fois exercer un mandat
concernant la justice et critiquer le chef du pouvoir judiciaire" ("La
Tribune de Genève" du 23 janvier).

Zavatta est donc par définition et a priori au-dessus de la critique,
qu’elle émane d’anciens magistrats, de magistrats en place, de
magistrats du pouvoir judiciaire ou du pouvoir politique, de
justiciables, d’avocats, de journalistes...

On canonise Zavatta tout de suite ou on attend un miracle probant ?


Invité à une "discussion" avec le "Cercle des dirigeants d’entreprise"
(le mensuel gratuit "L’Extension", donc), Zavatta a eu cette forte
parole à propos de la séparation des pouvoirs : "Il faut arrêter le
Grand Guignol de la confrontation".

Et réélire le petit guignol de la confrontation médiatique avec les
squatters ?


Zavatta, qui, sur la foi de racontars débités par un dealer, avait
ordonné une enquête contre le personnel et la direction de Champ Dollon,
que le dealer accusait d’avoir eux-mêmes fomenté la mutinerie du 27
août, s’est dit "ravi qu’il n’y a pas d’éléments permettant de conclure
à une instigation à sédition" ("La Tribune de Genève" du 20 novembre) de
la part du personnel de la prison, et de son directeur.

En revanche, un certain nombre d’éléments permettent de conclure qu’au
concours des faux derches, Zavatta est bien placé.


Zavatta a classé début novembre deux plaintes déposées contre l’UDC
pour homophobie, à la suite de la campagne de votation sur le droit de
succession (l’UDC faisait campagne contre un "bonus fiscal pour des
pacsés inféconds et aisés". Prétexte du classement zavattesque : "lors
d’attaques contre un groupe indistinct, et les homosexuels en sont un,
une personne ne peut se sentir individuellement visée", sauf s’il s’agit
d’attaques contre une ethnie, une "race" (c’est quoi, une race ?
faudrait qu’on explique à quelqu’un que depuis la disparition de l’Homme
de Néanderthal, il n’y a plus qu’une seule race humaine sur terre) ou
une religion. Constat de Catherine Gaillard, président de Lestime :
"vous pouvez proférertoutes les atrocités sur les homosexuels, la loi ne
vous condamnera pas". Du moins dans la lecture qu’en fait Zavatta.

D’ailleurs, vous pouvez aussi proférer toutes les saloperies que vous
voulez sur les squatters ou les mendiants, la loi ne vous condamnera pas
non plus. Et vous recevrez même le soutien de Zavatta.

Et de l’UDC . Et du parti libéral.


Dans un long communiqué de presse censé répondre aux accusations de partialité portées contre certains juges, Zavatta rappelait "à tout
justiciable que la justice est indépendante -singulièrement des partis
politiques- et n’obéit qu’à la Loi".

C’est précisément ce que depuis Montesquieu on attend de la Justice.

L’inquiétant est d’abord qu’il faille le rappeller, et ensuite que ce
soit Zavatta qui le rappelle.


« Squat est un autre terme pour violation de domicile », a résumé le
Procureur Zavatta (« Le Temps » du 24 juillet 2007)......

... du domicile de qui, au juste ? d’un propriétaire qui n’y a jamais
mis les pieds ?

Et Zavatta, c’est un autre terme pour quoi ? Larbin des propriétaires ?


Le même Zavatta, très content de lui, plastronnait dans « Le Matin » (du
15 juillet 2007) : « j’appartiens aux 93 % de personnes heureuses dans
leur travail »...

Un rien le rend heureux Zavatta : pouvoir mobiliser plus d’une centaine
de flics pour déloger des squatters, et c’est l’extase... coup de barre
 ? Un squat, et ça repart...


Dans une Conférence de presse, le 19 novembre dernier, répondant à une question posée sur son état d’esprit après l’annonce de son divorce, Nicolas Sarkozy l’avait pris de haut, en assurant que les Français
s’intéressent beaucoup moins à sa vie privée que les journalistes, et
ont "plus de pudeur et de discretion, et un poil d’élégance en plus"
qu’eux...

Evidemment, si Sarkozy peut donner des leçons de pudeur, de discrétion
et d’élégance (genre "casse-toi connard"), on ne voit pas ce qu’on
pourrait reprocher à la campagne électorale de Zavatta sur le dos des
mendiants...

Zapelli, Daniel Zappelli