La caisse unique garantit l’équité dans le financement des soins
Vendredi 19 janvier 2007

Une caisse maladie sociale pour toute la Suisse

OUI le 11 mars 2007

Le 11 mars prochain, nous nous prononcerons sur la mise en place d’une caisse unique pour l’assurance maladie obligatoire. Sous tendu à cette question, diverses questions simples auxquelles nous répondons de fait : Une médecine à deux vitesses est-elle socialement acceptable ? Une telle organisation peut-elle garantir sur la durée des soins de qualité offerts à toutes et tous ? A qui le système actuel bénéficie-t-il ? Voulons-nous poursuivre avec un système qui profite aux assureurs ou plutôt mettre en place un système qui répondent à la situation et aux besoins de la population de ce pays ?

Aujourd’hui, 87 caisses privées se répartissent le marché de la maladie et de la non-maladie. Ces caisses se livrent une concurrence impitoyable en se disputant les personnes jeunes, plutôt riches et en bonne santé ; et elles tentent d’éviter les personnes âgées, plutôt pauvres et en mauvaise santé. Ce phénomène contribue à une médecine à deux vitesses. L’initiative pour une caisse unique veut y remédier, en rendant impossible cette partie de chasse aux « bons risques ».

En dissociant les prestations publiques des prestations privées, on empêche de manière simple les transferts entre le privé et le public - qui font reposer sur la majorité des contribuables les frais administratifs des privés. De plus, l’initiative pour une caisse maladie unique et sociale garant ainsi la transparence du système. Avec une caisse unique, fini les pratiques peu transparentes de certaines caisses !

Une diminution des charges administratives est une conséquence de la réunion des 87 caisses qui certes ont vu leurs frais administratifs baisser en valeur relative de quelques pour cents, mais sur des dépenses qui ont elles doublé ou même plus depuis l’entrée en vigueur de la LAMal. Illustrons avec un example fort proche de la réalité annoncée par les caisses : 8% de 10 milliards = 80 millions, 6% de 20 milliards = 120 millions, en terme de diminution des charges administratives, on peut certainement faire mieux.

Une caisse unique s’avère en outre raisonnable dans un pays que le nôtre, où la maladie et la qualité des soins se moquent des frontières cantonales et où, de surcroît, les médecins ont tous le même diplôme fédéral. Un pays aussi petit que la Suisse a-t-il besoin de 87 caisses privées ? Poser la question, c’est déjà y répondre.

Pour réellement maîtriser les coûts de la santé, il faudra que la politique de santé et de soins soit au minimum coordonnée au niveau fédéral, par la mise en place d’une loi sur les soins et la santé. La caisse maladie unique et sociale constitue un pas important dans cette direction, même si les mécanismes de financement ne règlent pas a priori la politique de santé en tant que tel.

L’initiative pour une caisse maladie unique et sociale propose de fixer les primes d’assurance-maladie en fonction de la capacité économique des assuré-e-s. Une telle mesure est indispensable pour mieux répartir le fardeau du système de soins et de santé, dont le financement pèse très lourdement sur les petits et moyens revenus. En définitive, l’initiative soumise à votation propose de transposer le système de l’AVS au domaine de la santé. Pourquoi ne pas s’inspirer d’un modèle qui, depuis un demi-siècle, fonctionne bien et à la satisfaction de la grande majorité de la population.

Certes, la caisse unique ne résoudra pas tout, mais elle permettra :

  • de redonner le droit aux soignant-e-s de pratiquer leur mission, sans devoir jouer le rôle d’épiciers qui passent plus de temps à calculer la durée de leurs interventions qu’à soigner leurs malades ;
  • de diminuer les primes pour les classes sociales défavorisées et pour la majorité de la classe moyenne, ce qui augmentera leur pouvoir d’achat, mécanisme qui ne peut être que favorable à la dynamique économique de notre pays ;
  • de mettre un terme à un système de concurrence qui ne profite qu’aux assureurs ;
  • de rétablir, dans le domaine sanitaire, un service public qui soigne chaque citoyen-ne-e et qui s’efforce d’améliorer la santé de toutes et tous.