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Suzanne est décédée

lundi 24 avril 2006.

C’est une très mauvaise nouvelle.

Un début de texte détestable, une feuille blanche impossible à remplir.

La colère, le désespoir, la fureur, l’incompréhension...

Des mots en apparence faciles à écrire ; ces mots me semblent à cet instant des concepts vides de sens, très loin de la réalité que vit la famille, les proches, les amies et les amis de Suzanne.

Alors faut-il vraiment poser sur une page blanche des traces, des caractères qui reflètent peut-être un état d’esprit, mais qui probablement n’a pas grand chose à voir avec ceux qui vivent dans le plus profond de leur chair cette brutale disparition ?

Il m’apparaît important de répondre oui. Les mots aident à réfléchir.

Depuis près d’un demi-siècle, je suis confronté plus ou moins régulièrement à la page blanche au lendemain d’un décès ; depuis toujours et à chaque fois je me dis que mon blabla est léger, à côté de la plaque et finalement je me lance et pose sur le papier - presque toujours une carte avec une image, une photo choisie - un texte écrit à la main. Aujourd’hui je veux le mettre en ligne, mais cela fait déjà plusieurs jours que je le triture, que j’hésite, que je reporte à plus tard la publier.

Depuis quelques jours, c’est enfin le printemps.

Pendant quelques jours, Laurent, Arnaud, Cédric et Bérénice ont vécu l’angoisse du coma.

Depuis le 19 avril 2006, Laurent, Arnaud, Cédric et Bérénice sont face à une nouvelle réalité, au fait qu’une personne ne sera plus là pour leur dire bonjour ou au revoir, pour écouter leurs histoires, pour supporter leurs problèmes, pour vivre leurs quotidiens individuels et collectifs.

Et pourtant cette histoire est des plus banales, elle est vécue par une multitude chaque jour sur cette planète. Mais elle me touche parce qu’elle touche un proche. Et alors... c’est normal, terriblement normal, normalement normal. Je la connais, je le connais, je les connais, je les visualise et cela me touche dans ma chair.

Suzanne avait à peu près mon âge, plus tout à fait la première jeunesse, mais normalement l’espoir de vivre des expériences, de partager son quotidien avec son entourage. Et boum, son "aventure" rappelle qu’en quelques dixièmes de secondes tout peut changer du tout au tout.

La nature décide et le "petit d’homme" subit, va avec et n’a aucune chance en allant contre.

Laurent, Arnaud, Cédric et Bérénice, je n’ai pas de bon mot, mais j’essaie de vous offrir ma sympathie et mon amitié pour traverser ce passage cahotique et désertique.

Dominique


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