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Rhino est mort, vive Rhino !

jeudi 6 août 2009 par Lydia Schneider Hausser

Ce soir, je suis triste.

Les habitants de Rhino ont montré qu’une manière différente d’habiter était possible et convenait à une grande partie de la popula­tion.

Je n’ai pas squatté Rhino, ni ailleurs d’ailleurs. Ce soir, je suis triste.

Peu importent les pierres, les appartements flambant neufs, « bon marchés ou pas, qui vont remplacer cette fourmilière, ce collectif. Une vingtaine seulement et même pas de nouveaux. C’est la fin d’une époque faite d’idéal, d’ouverture, d’une véritable alternative de penser et de vivre.

C’est tout un mouvement qui a voulu croire qu’il pouvait avoir une place dans notre ville, dans des immeubles laissés à l’abandon par leurs propriétaires en mal de spéculation, de revenus faciles et surfaits. Ce mouvement a construit une place pour habiter, pour favoriser une différence quelque fois peu conciliable avec un règlement de régie ; il a montré qu’une manière différente d’habiter était possible et convenait à une grande partie de la population.

Une société a besoin de lois. Mais la loi n’est que le reflet de la pensée dominante de l’instant. Malheureusement dans ce cas, la justice ne peut et ne veut plus prendre le recul nécessaire. L’illégalité est-elle vraiment du côté des personnes qui ont fait vivre depuis 20 ans ce lieu ou est-elle dans l’obstination de vouloir montrer son pouvoir de propriétaire sans qu’une troisième voie n’ait jamais pu être négociée...?

L’histoire nous montre qu’il est nécessaire de faire valoir l’éthique humaine au-delà des textes juridiques.

Avec un marché de l’immobilier aussi tendu qu’à Genève, pourquoi soutenir les spéculateurs et mettre à l’index toutes les personnes qui
croulent sous leurs loyers exorbitants, qui se retrouvent à la rue ou dans le meilleur des cas à l’hôtel ? Ce n’est pas ainsi que nous sortirons du cycle infernal des exclus du logement. Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage. Les habitants de Rhino seraient des fils de riches, des intellectuels passéistes et d’autres quolibets du même acabit, nous avons tout entendu. Ce sont surtout des habitants qui ont égayé ce coin austère de notre ville avec une corne rouge, de splendides
photos et messages, des fleurs, des concerts, une création florissante.

Malgré la tempête politique de ce jour, espérons que d’autres mouvements alternatifs puissent offrir aux jeunes et moins jeunes l’espoir que le possible existe en dehors du pognon, de l’austérité et du propre en ordre.


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