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Pourquoi il doit partir

jeudi 16 septembre 2004.

Pourquoi il doit partir [1]

Pour les Etats-Unis, pour le monde, pour nous, la réélection de George W. Bush serait une catastrophe

Ces gens-là ne se reposent pas. Ne s’arrêtent pas. Ne soufflent pas. Ces gens-là ont un chef, George W. Bush, et un programme. Une panoplie à côté de laquelle les réformes de Ronald Reagan font petit joueur : une justice colonisée par des juges conservateurs, qui portent leur religion en bandoulière ; une Cour suprême peuplée d’hommes liges, à droite toute ; un appareil judiciaire renforcé par un Patriot Act de restriction des libertés au nom de l’antiterrorisme, qui, reconduit et musclé, se moque comme d’une guigne des droits des personnes ; une « réforme fiscale majeure », pour reprendre le mot d’un proche de Bush, où l’injustice le dispute à l’irresponsable ; une privatisation partielle des retraites et un recours toujours plus large au privé pour l’assurance-maladie ; une politique étrangère conduite par un président qui « ne cherchera pas à obtenir une permission pour défendre les Américains » (dixit Dick Cheney)… mais qui a déjà perdu 1000 de ses soldats sur le sol irakien ; une croisade contre le terrorisme qui, bien que justifiée dans ses fondements, est incapable d’extirper le germe islamique d’Al-Qaida et a réussi le prodige d’encourager ses métastases ; un refus de s’impliquer dans le règlement du conflit israélo-palestinien qui rend la paix impossible au Moyen-Orient.
Quand le reste du monde regarde quatre années de bushisme, c’est le bilan qui lui semble atterrant : un isolement sans précédent sur la scène mondiale ; un leadership d’une arrogance inégalée ; une religiosité hargneuse et intolérante ; une politique sociale et fiscale toujours plus injuste ; une société où le nombre de personnes sans assurance-maladie atteint 43 millions (en hausse de 5 millions) ; un mépris total pour l’environnement. Mais le plus inquiétant est à venir. Que ce soit en économie (voir p. 20), société (p. 12), ou en politique internationale (p. 26), la révolution conservatrice de George W. Bush est loin d’être achevée. Ses partisans seront-ils d’ailleurs jamais satisfaits ? On peut faire confiance au zèle de missionnaire des idéologues de la Maison-Blanche pour ne pas s’arrêter au milieu du gué. C’est bien cela qui terrifie une moitié des Etats-Unis et qui inquiète, en France et dans le monde, les amis de la plus grande des démocraties. Contrairement à l’élection de 2000, où certains Verts tablaient cyniquement sur une victoire de Bush pour donner un coup de fouet à leurs troupes, il ne reste plus aujourd’hui qu’une poignée de partisans de Ralph Nader pour ne voir dans cette élection qu’une péripétie politique.
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La majorité des Américains, dans un camp comme dans l’autre, a bien compris l’enjeu de cet affrontement pas comme les autres : il s’agit, plus que jamais, d’un choix de société.

Jean-Gabriel Fredet & Philippe Boulet-Gercourt


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