Une coopérative d’hébergeurs-hébergés
Vendredi 2 novembre 2007 — Dernier ajout samedi 3 novembre 2007

OUVATON

ou l’histoire d’une coopérative qui pourrait mal finir

Sans une reprise en main professionnelle sérieuse, l’avenir de la coopérative d’hébergeurs-hébergés OUVATON est sérieusement compromis.

Retour sur cette expérience à partir de ma position de coopérateur dès 2002 et membre du CA, puis du CS de la coopérative (élu en mai 2005, démission en août 2007).

Genève, version initiale 1er septembre 2007, révision le 2 novembre 2007

Il y a quelques années, quelques personnes ont lancé la coopérative OUVATON pour offrir un espace d’hébergement mutualisé qui réponde aux besoins des « petits utilisateurs » et surtout qui intègre les principes essentiels du développement durable.

Idée généreuse et prometteuse si il en est. Quelques centaines de coopérateurs en août 2002 lors de mon adhésion comme coopérateur. En 2005, nous sommes plus de 3000 coopérateurs avec plus de 6000 sites. OUVATON devrait être dans l’obligation de revoir son fonctionnement pour garantir une prestation de qualité. Je dépose en mai 2005, ma candidature pour le conseil d’administration de OUVATON, avec un appel clair des administrateurs pour que je la maintienne coûte que coûte. Le principal objectif de ma candidature était d’offrir mes compétences pour faire évoluer OUVATON d’une structure gérée à la bonne franquette par des amis à une structure permettant de gérer au quotidien 4000 coopérateurs et 8000 sites (taille approximative à fin 2006).

Au vu des difficultés rencontrées pendant mes 2 ans au conseil d’administration d’abord et au conseil de surveillance ensuite pour faire bouger les choses, lorsque j’ai été amené en été 2007 à faire des choix dans l’organisation de mon quotidien, j’ai facilement renoncé à ma présence au conseil de surveillance.

Je ne parlerai pas longuement de la gestion douteuse de la réalisation avortée du renouvellement de la plateforme avec un partenaire du sud de la France (y compris des pertes financières), ni même de la passivité des membres du CA face à mes sollicitations répétées d’entamer le processus de professionalisation de la gestion de la coopérative, le seul argument avancé était que cela coûterait trop cher à la coopérative.

De plus si la première phase de la migration s’est plus ou moins bien déroulée, si la nouvelle plateforme a dans un premier temps une apparence attractive et semble fournir aux utilisateurs les fonctionnalités permettant la gestion des sites web et des comptes de messagerie. Malheureusement l’architecture globale n’a jamais offert les qualités souhaitées, erreurs à répétition en particulier « erreur 500 » et lenteurs permanentes d’accès aux pages internet. De plus les développements n’ont jamais été terminé et quelques mois à peine après la migration l’infogérant retenu a été racheté par une multinationale dont les activités n’ont plus rien à voir avec l’infogérance et le développement d’une plateforme d’hébergement.

La coopérative a depuis trois ans dépensé une somme considérable pour essayer d’essuyer les platres sans pour autant qu’une solution raisonable ne soit envisagée pour quitter cette galère. Depuis mon départ en août 2007, qui par ailleurs faisait suite à la démission de Renaud Morvan, suivie ensuite de celle de Grégoire Métral, de même qu’un désengagement de plusieurs membres du conseil de surveillance, le départ, annoncé sur les news de OUVATON, après quelques mois seulement de Virginie Renoncé n’est pas de la meilleure augure, ce d’autant plus que les deux collaborateurs du directoire ont annoncé leur démission [1] L’une est déjà effective et l’autre interviendra à la fin de l’année.

La persistence d’une organisation déficitaire ne pourra qu’amener la coopérative à la fin de son existence, ce qui sera hélas regrettable, mais il me semble de plus en plus douteux que la situation puisse raisonnablement s’améliorer vu l’ampleur des problèmes à résoudre, comme de finir le développement de l’outil de gestion (qui est toujours propriétaire, donc en main non seulement de OUVATON, mais également de feu l’infogérant) tout en corrigeant l’architecture déficitaire de la plateforme, de trouver une solution raisonnable pour gérer professionnel la plateforme mutualisée d’OUVATON (qui visiblement n’intéresse pas les infogérants) et fournir des prestations de qualité.

Le déclencheur de cet article et ma réponse au déclencheur

[1A la lecture du message de Philippe Ladame, c’est effectif pour l’un (Jean-Marie Malsacré) et Renaud Morvan a repris du service au niveau du directoire cette fois-ci.

Voir en ligne : OUVATON