Congrès ordinaire du PSG du 20 mars 2004
Dimanche 21 mars 2004 — Dernier ajout dimanche 27 juin 2004

Le socialisme est l’avenir

Allocution du président du Parti socialiste Genève

Depuis 4 ans, je préside aux destinées du Parti socialiste genevois. J’ai aimé faire ce boulot, j’ai apprécié le travail collaboratif avec la direction du parti, avec le comité directeur, avec les sections et avec l’ensemble des militantes et des militants. Enrichissant, je considère ce job comme une des toutes belles expériences de mon existence.

Je ne vais pas m’appesantir longuement sur le passé.

J’ai eu l’occasion de faire un bilan au lendemain des élections aux chambres fédérales. Nous avons vécu ces deux dernières années 8 campagnes électorales avec, pour la majorité d’entre elles, des succès socialistes. Mais la progression de l’extrême droite au détriment de la droite « traditionnelle » met en évidence une polarisation de plus en plus marquée, un durcissement des fronts et une violence systématique dans le langage de la droite. Malgré la nette progression de la gauche, le virage à droite du Conseil fédéral, me fait peur.

L’évolution en France et en Italie n’est pas encourageante, lorsqu’on voit le démantèlement social mené au pas de charge par Raffarin et Berlusconi. Les négociations avec l’UE sont pénibles et montrent que le refus d’adhérer est préjudiciable pour la Suisse. Les contrôles renforcés aux frontières n’est que la pointe de l’iceberg des noises que subiront les résidants en Suisse.

Cette situation est inquiétante ; la confrontation permanente n’est hélas pas une solution. L’avenir n’est pas vraiment rose !

En automne 2003, la droite genevoise a tout simplement rejeté le budget 2004 élaboré par un gouvernement de droite, sans que celle-ci ne fournissent aucune piste pour le rendre plus équilibré. La droite veut des coupes, mais refuse tout simplement de prendre la responsabilité de ces choix. Elle accuse la gauche de gaspillage, critique sa majorité gouvernementale de ne pas faire de coupes à sa place dans les prestations publiques.

Selon les rumeurs, les comptes 2003 présentent un déficit important, prétexte pour les libéraux-radicaux d’attaques violentes contre Micheline Calmy-Rey, comme si le budget n’était pas approuvé par l’ensemble du Conseil d’Etat. Le budget 2004 ne sera pas présenté que le 1er avril. Ce qui signifie des douzièmes provisoires probablement jusqu’à l’automne, si ce n’est plus longtemps encore.

Cette situation, que nous refusons, est préjudiciable non seulement au bon fonctionnement de l’Etat, mais à l’ensemble de la population.

Cette politique de la chaise vide est tout simplement scandaleuse. Mais la droite sait par ailleurs que sans se mouiller, elle démolit sans vergogne, favorise les privilégiés de ce canton et assure l’étouffement d’une part de plus en plus importante de la population. Vouloir, comme le claironne les libéraux-radicaux et leurs amis udécéistes, vouloir à tout prix jouer le déficit zéro est tout simplement impossible en coupant dans les recettes.

Pour tenir compte de l’augmentation de la population et simplement maintenir des prestations équivalentes, il est indispensable d’en augmenter le volume. Même cela, la droite refuse de l’admettre.

On peut certes optimiser, mais il est tout de même peu sérieux de penser pouvoir accueillir des centaines de nouveaux élèves et étudiants sans engager d’enseignants et sans ouvrir de nouvelles classes.

Il est tout simplement débile de penser qu’on peut loger des milliers de familles supplémentaires sans construire de nouveaux logements.

Il est grossier de penser régler la paupérisation d’une partie de la population en étranglant l’Hospice général et en pressurisant les ONG, qui depuis des années assument des tâches publiques qui ne sont plus assumées par les services de l’Etat, car ce sont des milliers de postes de travail qui ont été supprimés ou au mieux maintenu à leur niveau de 1990.

Il est absurde de penser que les multinationales « à haute valeur ajoutée » attirées à Genève vont pouvoir absorber le chômage local. Il est nécessaire d’offrir des places de travail pour tout un chacun. La politique économique de ce canton est un bricolage et la responsabilité en incombe aux élus de droite. Le charme, la girouette ou le ventilateur ne sont pas vraiment des plus efficaces pour assurer une vie décente à toute la population.

Ce n’est pas en freinant les investissements pour les infrastructures publics que les problèmes financiers seront résolus et en renonçant à investir, nous verrons bientôt les élèves installés sous tente ou les employés de l’Etat réutiliser le crayon et la gomme.

En conclusion

J’ai déjà eu l’occasion de le dire : nous, devons rester des utopistes dans l’âme et toujours pragmatique pour enfin dépasser le capitalisme. Un Etat fort, un service public puissant, une économie solidaire et respectueuse de l’environnement physique et social sont les garants de l’égalité, de la justice sociale et de la solidarité. Dans moins de 18 mois, nous aurons à reconquérir la majorité au Grand Conseil et conquérir la majorité au Conseil d’Etat.

La diminution du temps de travail, des investissements importants pour la formation sont toujours des moyens efficaces pour réduire le chômage et nous devrons impérativement les favoriser.

La question de la sécurité est toujours une priorité, ce n’est pas en diminuant le nombre d’îlotiers, comme le fait la libérale Spoerri, que nous assurerons la sécurité pour toutes et tous, mais en offrant des prestations sociales dignes de ce nom et en renforçant les actions de proximité au travers des maisons de quartiers, par exemple.

La pédagogie sur la question fiscale est également une priorité. Il est nécessaire que tout un chacun comprenne l’importance de l’impôt pour assurer un service public de qualité et répondre aux préoccupations de tout un chacun. C’est une question essentielle de solidarité. Si la collaboration avec les Verts est actuellement bonne, que les divergences ne sont pas trop nombreuses, la situation de l’AdG est particulièrement préoccupante pour l’avenir de l’Alternative telle qu’elle a fonctionné jusqu’à la fin de la législature précédente. Il y a du pain sur la planche, la tâche sera particulièrement ardue.

Notre prochaine étape sera de convaincre les électrices et les électeurs à dire TOUCHE PAS A NOTRE AVS et NON A L’ARNAQUE FISCALE.

Je souhaite bon vent à l’équipe de direction que nous allons élire tout à l’heure.

Les RATS ROUGES protègent de la peste brune.

Le socialisme est l’avenir de la Suisse et de Genève.

Merci à vous toutes et tous pour votre soutien et votre engagement.

Remerciements

Je voudrais remercier les personnes qui m’ont accompagné durant ces 4 ans.

Les collaborateurs politiques Sylvie Délèze et Alexandre Mariéthoz qui m’ont très sérieusement et sans compter leur temps épaulé dans mon activité.

Carole-Anne Kast, qui, comme assistante parlementaire, a su avec énergie assurer un lien permanent entre activité parlementaire et activité de terrain, et qui fut pour moi un appui précieux. Elle nous quitte (professionnellement seulement) à la fin du mois et je lui souhaite bon vent pour la suite de sa carrière.

J’en profite pour souhaiter la bienvenue à sa successeure Isabelle Piérart. Isabelle a obtenu une licence à l’institut des Hautes études internationales, ainsi qu’une maîtrise en droit européen. Elle a travaillé plusieurs années auprès dans le domaine des droits de la personne.

Merci à Claudia Villaman, qui assure la comptabilité et qui a la difficile tâche de professionnaliser cette activité avec un boss particulièrement exigeant. Merci également à Françoise Pellegrin et à Rosa Leon.

Un grand merci à Monique Droz qui, pendant 4 ans, s’est toujours pliée en quatre, pour me rendre service. Avec son caractère bien trempé, l’administration tourne rondement et efficacement.

Je voudrais également remercier l’équipe de direction. Gabriel Barta, qui assure depuis 2 ans la trésorerie. Danièle Bütschi, qui pilote la communication du parti et qui est éditrice responsable de Post Scriptum. Grâce à elle une charte rédactionnelle a pu être adoptée par le comité directeur et la nouvelle maquette du bulletin interne dont je rêvais depuis 4 ans est enfin en production. Son engagement dans les diverses campagnes électorales n’est certainement pas étranger à nos succès.

Maria Roth-Bernasconi et Alberto Perez-Iriate, nos deux vice-présidents chargé de la coordination des sections et des commissions qui ont assuré le relais avec les sections et les groupes qui font la vie au quotidien du parti.

Un chaleureux merci à Laurence Fehlmann-Rielle, notre probable future présidente, qui jour après jour, se demandait à quelle heure j’allais lui téléphoner pour discuter des petites et grosses affaires du parti et qui, avec grande générosité et enthousiasme a assuré son rôle de 1re vice-présidente et de remplaçante du président qui a eu le toupet de prendre 3 mois de congé sabbatique pour affronter les tempêtes du grand sud pendant, il le croyait, une période calme dans la politique genevoise et helvétique.

Merci à Micheline Calmy-Rey, Laurent Moutinot et Charles Beer pour leur engagement au Conseil d’Etat dans une situation qui n’est pas toujours facile. Leur disponibilité à l’égard du parti et leur volonté de respecter les valeurs socialistes malgré l’arrogance de la droite les honorent, même si il est vrai que parfois, on aimerait les entendre plus clairement rappeler que les décisions de la majorité sont prises sans eux. Merci encore à Micheline Calmy-Rey pour son boulot au DFAE et les efforts pour visibiliser la Suisse comme promoteur de la paix et soutien au développement. Contrairement à ce qu’elle laissait entendre à Bâle le 6 mars dernier, je ne crois pas qu’un seul Socialiste la considère comme un géranium ou un alibi, encore moins comme une demi socialiste. Cependant, le comportement dur, arrogant voir grossier de la droite et de l’extrême droite au gouvernement et au parlement pourrait (ou aurait pu) mettre nos conseillers fédéraux en position délicate.

Les décisions prises à Bâle affirment une opposition constructive et une invite formelle à clairement affirmer nos valeurs pour tous les socialistes, quelle que soit la place qu’ils occupent, ce qui peut impliquer une rupture de collégialité et un non soutien à des projets du Conseil fédéral comme, par exemple la 11e révision de l’AVS que les Socialistes refusent très clairement.

Un merci tout particulier à Christiane Brunner, qui a assumé avec brio la présidence du PSS et qui a toujours été disponible pour discuter avec la section cantonale, comme elle l’a fait avec toutes les sections de Suisse. Elle est aussi une très grande adepte du téléphone, surtout le week-end aux dires de toutes et tous, je confirme d’ailleurs.

J’aimerais en profiter pour remercier ici l’ensemble de l’équipe du PSS, qui n’ont pas ménagé leur peine pour soutenir les sections ces deux dernières années et qui continuent de plus belle.

Merci à toute la députation socialiste qui vit depuis 2001 une situation pour le moins terrible face à la brutalité de la droite et surtout à son mépris de tout ce qui n’appartient pas à leur groupe ou qui ne défend pas son point de vue.

Et enfin merci à vous toutes et tous pour votre engagement sans faille. Sans vous nous n’aurions jamais pu aligner autant de succès électoraux. Nous avons un peu moins de chance avec les votations, mais je suis certain qu’à force de mouiller sa chemise, cela finira par produire d’aussi beaux succès que le 8 février dernier et que le dimanche noir de mai 2003 ne se reproduira pas. C’est vous qui permettrez d’engranger notre prochain succès le 16 mai prochain. Ce n’est pas encore gagné si j’en crois les tendances actuelles publiées dans la presse dominicale du 7 mars dernier.