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Le courage des opinions

jeudi 26 janvier 2017 par Carole-Anne Kast

Carole-Anne Kast, présidente du PS genevois et conseillère administrative d’Onex, répond à la chroniqueuse masquée Emilie Sombes, dont elle se demande si elle est « téléguidée »

Quand les grands groupes de presse suppriment des emplois à tour de bras, Le Temps choisit d’offrir ses colonnes, sa réputation et son éthique journalistique à des chroniqueurs masqués. Procédé inquiétant pour qui défend le rôle essentiel d’une presse indépendante, protégeant ses sources, ayant une liberté de parole, mais respectant également ses règles éthiques, garantes de son rôle et de sa crédibilité.

En choisissant d’entrer dans le marécage de la « trumpisation de l’information », Le Temps rabaisse son travail au niveau d’un post facebook. L’auteur se dispense de toute déontologie. Il utilise la rubrique « opinions » pour colporter de fausses informations.

Les règles journalistiques sont foulées aux pieds dans ce texte, en avançant des faits erronés. Un journaliste se doit de « rechercher la vérité, en raison du droit qu’a le public de la connaître et quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même » et a le devoir de « rectifier toute information publiée qui se révèle matériellement inexacte » [*].

Lire la chronique masquée : La « primaire » du PS genevois, ou le pari risqué de Carole-Anne Kast (24.01.2017)

 Que justifie cet anonymat ?

Les assemblées générales du PS genevois sont transparentes car publiques et dans le cas présent, Le Temps avait délégué un journaliste de la rédaction locale. Que justifie cet anonymat ? S’agit-il d’un lanceur d’alerte qui détient des informations classées ? Certainement pas.

La seule chose que la chroniqueuse masquée assume en se payant le PS est un soutien très clair à RIE III. Est-elle téléguidée ? La question se pose et questionne la presse à l’heure où sa pluralité est remise en cause. Quand, pour servir un propos, on se permet de modifier les faits, on n’est plus dans l’opinion mais dans la désinformation, voire dans la diffamation.

 Rétablir les faits

Je tiens donc à rétablir les faits suivants :

  • La direction du PS (le Comité directeur) a unanimement refusé de signer la convention interpartis sur la RIE III cantonale.
  • Je me suis catégoriquement opposée au report de la décision, estimant qu’elle entretenait le flou.
  • Le conseiller administratif Thierry Apothéloz a soutenu le report de la décision après le vote fédéral.
  • Romain de Sainte-Marie, chef du groupe parlementaire, a défendu énergiquement le refus de signer la convention.
  • Anne Emery-Torracinta, conseillère d’Etat, a eu un rôle rassembleur et constructif, loin de la description condescendante qu’en a faite l’auteur. La mise en page sur Internet met malhonnêtement en exergue ce dénigrement, comme si ces propos étaient les miens.

 La démocratie comme légitimité

Quiconque me connaît un peu sait que mes positions politiques ne servent pas un agenda personnel, mais des valeurs que je défends dans l’intérêt de la collectivité. Ma priorité, en tant que présidente du parti, est de respecter et de défendre la position majoritairement exprimée par les militant-e-s socialistes, car chacune et chacun a le même poids au sein du PS et peut l’exprimer librement.

Dans les mois à venir, le PS doit faire ses choix en construisant une équipe autour d’Anne Emery-Torracinta, notre candidate légitime. Si nos positions ont pu diverger sur l’évaluation des risques face à cette convention cantonale RIE III, nous défendons toutes deux, avec sincérité, les valeurs du PS, comme la réduction des inégalités et l’intérêt public.

Seul-e un-e candidat-e socialiste peu avisé-e peut espérer gagner un siège au Conseil d’Etat en divisant le PS genevois. Etant tous les week-ends sur les stands aux côtés des militant-e-s socialistes pour combattre la RIE III, je sais que seul un parti uni trouvera la capacité de mobilisation nécessaire pour renforcer la gauche au sein du parlement et gagner ce deuxième siège au Conseil d’Etat.

Finalement, je tiens à le dire fermement : les socialistes ne se laisseront pas déstabiliser par des méthodes indignes de notre démocratie et par des tentatives de division – d’où qu’elles viennent – que ce soit pour les prochaines campagnes de votation ou pour les élections cantonales.

[*Note de la rédaction : Nous précisons que la chroniqueuse masquée Emilie Sombes n’étant pas journaliste, elle n’est pas tenue par les engagements de la Déclaration des droits et devoirs qui régit cette profession.

Voir en ligne : Mon commentaire

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