Lundi 9 octobre 2017

La lettre de Jean Martin à Ignazio Cassis

Appel à un retour à la raison

Comme Jean Martin, je connais Ignazio Cassis pour avoir travaillé avec lui à la lointaine époque de mon activité de chercheur en santé publique.

Comme Jean, j’étais impressionné par l’intelligence et l’humanisme d’Ignazio.

Comme Jean, je suis tombé de haut, lorsqu’élu au Conseil national, il a complètement changé de discours et défendu les intérêts des plus favorisés et surtout des caisses maladie contre ceux des patients et des professionnels de la santé.

Il n’est certes pas le premier à retourner sa veste.

Mais j’ai toujours pensé que la profession de médecin était choisie par des personnes souhaitant se mettre au service de la majorité, au service des personnes qui souffrent qu’elles que soient leur origine ou leur condition sociale.

Je pensais encore plus naïvement que ceux qui choisissaient la santé publique comme activité principale visaient à tout mettre en œuvre pour améliorer la santé de toutes et tous.

Certes, il est parfois nécessaire de faire le poing dans sa poche pour faire aboutir une cause ; je ne pensais pas que cela soit aussi nécessaire pour assouvir des ambitions personnelles quand on œuvre dans le champ de la santé publique.

Aujourd’hui, Ignazio Cassis est conseiller fédéral, il prêtera serment dans quelques jours et reprendra des mains de Didier Buchkhalter le département fédéral des affaires étrangères.

Même si je pense pas comme le dit Jean que l’ « on ne gouverne qu’au centre », je ne peux que me joindre au propos de mon ami d’extrême centre pour inviter à Ignazio Cassis à renoncer à ses « amis » des assurances, à revenir à ses visions humanistes, à défendre le bien de la majorité, à lutter contre les inégalités et toutes les formes d’action qui mettent en cause la santé mentale et physique des habitants de cette planète.

Le progrès et le bien-être de la société ne sont que le résultat de compromis.

Bonne chance, Ignazio

Voir en ligne : Lettre ouverte de Jean Martin à Ignazio Cassis