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La gauche doit obtenir 3 sièges au Conseil fédéral

Discours prononcé par le président des Socialistes genevois
mardi 28 octobre 2003 par Dominique Hausser

Lundi 27 octobre 2003, les Socialistes genevois se sont réunis pour fêter leur victoire aux dernières élections fédérales, qui met fin à 8 campagnes électorales depuis l’été 2001 et offrent aux militantes et militants un petit répis avant les prochaines élections cantonales d’octobre 2005. Lors de cette soirée Dominique Hausser a revendiqué 3 sièges sur les 7 au Conseil fédéral, estimant que cela refléterait plus précisément les diverses forces politiques du pays.

Chères et chers Camarades,

Votre présence nombreuse ce soir me fait vraiment très plaisir.

La politique active cela ne doit pas être austère. Les ambiances conviviales, les activités festives, les plaisirs de l’esprit, la culture sont des piliers incontournables de la démocratie et des éléments fondamentaux pour encourager et faciliter le passage de la position d’électeur sympathisant à celui de militant engagé.

Depuis 2001, les adhésions sont en croissance et dépassent enfin le nombre de démissions. 30 environ en 2001, 50 en 2002 et déjà plus de 85 en 2003 (et il reste encore quelques semaines), le nombre de démissions restant stable entre 25 et 30 par année.

La relève est assurée, l’avenir peut être envisagé avec une certaine sérénité, bien que nous sachions toutes et tous que les embûches ne manqueront pas, nous pouvons faire confiance à nos adversaires, mais parfois aussi à nos chers cousins !!!

Premier bilan provisoire depuis les élections au Grand Conseil 2001

Depuis l’été 2001, nous avons préparé, participé, milité sans répit.
Huit élections dont trois supplémentaires au calendrier « ordinaire », l’élection de Micheline au Conseil fédéral après la démission de Ruth Dreifuss, sa succession au Conseil d’Etat avec la brillante élection de Charles Beer à près de 50%, et malheureusement l’échec pour la succession de Bernard Bertossa au poste de Procureur général, il a manqué 139 voix à Jean-Bernard Schmid pour devancer un sieur qui fait l’unanimité au palais de justice pour souligner son incompétence et son poil dans la main. Il est à penser que si SolidaritéS et le Parti du travail et même les indépendants de l’Alliance de gauche avait fait campagne (même un tout petit peu) Jean-Bernard aurait été élu, l’Alternative aurait gagné et nous aurions maintenu une justice de qualité.

Les élections au Grand Conseil en 2001, où nous n’avons que partiellement résisté à la montée de l’extrême droite nauséabonde et à son entrée au Grand Conseil. Les socialistes ont perdu 3 sièges avec un recul de 2.8%, les Verts étant le seul parti à progresser de 1.9% face à cette UDC qui atteignait 10.3% pour sa première participation à ces élections cantonales.

Les élections municipales furent un grand succès pour les socialistes, les élections administratives furent un succès dans la mesure où les élus socialistes sont pratiquement tous sortis en tête, avec tout de même pour moi le regret de ne pas avoir réussi à percer dans les communes comme Bernex, Veyrier ou Chêne-Bourg. Mais face à un mur même lézardé, cela reste vraiment dur de placer des socialistes dans les exécutifs communaux.

Brève analyse des résultats des élections fédérales 2003

Venons en rapidement aux dernières élections. Score pour le moins remarquable pour les Socialistes (1er parti en Suisse romande) et pour les Verts.

A Genève, une progression de près de 5% pour les Socialistes en comparaison avec 1999, le 3e meilleur résultat depuis 1971 après le score exceptionnel de 1995 (30%) et remarquable en 1991 (26.4%). Ceci grâce à la récupération des voix d’une partie de l’électorat de l’Alliance de gauche et un bénéfice important lié à l’augmentation de la participation, sans pour autant perdre de voix au bénéfice de la droite et de l’extrême droite : cela est fort réjouissant.

L’UDC n’est heureusement en tête dans aucune commune.

À l’exception de Aire-la-Ville, Anières, Céligny, Choulex, Colley-Bossy, Collonge-Bellerive, Cologny, Corsier, Gy, Hermance, Jussy, Laconnex, Pregny-Chambésy, Soral et Vandoeuvres (dans cette dernière commune nous faisons notre plus mauvais score, moins de 10%), les socialistes font des meilleures scores que l’UDC et vous l’aurez constaté, les exceptions font toutes parties des communes traditionnellement dominées par l’entente.
L’UDC est en tête uniquement dans l’arrondissement Vernier-village, qui fort heureusement ne domine pas la commune de Vernier, mais qui doit nous préoccuper au plus au point.

Quel Conseil fédéral 2003-2007 ?

La poussée massive de l’extrême droite, au niveau national, est très préoccupante pour ne pas dire plus. Il y a 3 courants qui s’affrontent à l’UDC. Le courant blochérien (à corriger par bloc-évier selon le correcteur du cousin Bill), très clairement ultra-libéral, qui sans scrupule aucun, enrobe son discours de papier d’emballage brun, populiste et xénophobe, qui est le courant dominant à défaut d’être majoritaire et qui plait à la frange néolibérale des radicaux, le courant agrarien en totale perte de vitesse, il suffit d’écouter le vaudois Fattebert, même si depuis une semaine il ne se sent plus à force de gonfler, et un courant extrêmement dangereux emmené en Romandie par des Perrin à Neuchâtel, Freysinger en Valais, Rime à Fribourg, et l’ensemble ou presque des UDC genevois, qui est clairement un courant d’extrême droite, oscillant entre racisme et haine de l’étranger, nationaliste dans sa plus mauvaise acceptation avec ces amalgames objectivement xénophobes voire racistes. Cette équipe d’extrême droite qui ne fait que dénoncer et dramatiser, qui ne propose rien et qui caresse dans le sens du poil un certain nombre d’électrices et d’électeurs qui eux n’ont certainement pas des tendances aussi marquées que les caciques de ce parti totalement antidémocratique, explique grandement la déferlante du week-end dernier.

Au-delà des considérations purement tactiques et de la responsabilité des parlementaires de voter pour des personnes, il est exclu dans ces conditions de soutenir les candidatures de l’UDC au Conseil fédéral, tout comme il semble parfaitement aberrant de soutenir les candidats des radicaux et du PDC tant qu’ils poursuivent une politique clairement antisociale et accrochent leurs wagons aux chemises brunes.

Enfin, il ne faut tout de même pas oublier que la gauche en général a progressé en Suisse et représente au parlement près d’un tiers de l’électorat, il serait dès lors judicieux d’obtenir un troisième siège socialiste ou vert.

Si les verts sont prêts à se lancer, nous devons les soutenir, leur appui (sauf à Zürich) nous est fort utile.

En résumé, au Conseil fédéral : 2 socialistes, 1 vert et 4 autres, pour autant qu’il y ait une convergence minimale sur les thèmes qui nous tiennent à cœur comme l’adhésion à l’UE, une politique de l’emploi digne, une retraite pour toutes et tous basée sur la durée du travail et un service public de qualité.

Alternative, son avenir genevois

A Genève, l’Alternative est en crise. Cette crise est le résultat de la bagarre interne entre les groupes de l’Alliance de gauche, le résultat des attaques incessantes de SolidaritéS et du PdT contre le PS, comme si le PS, minoritaire à Berne, était responsable des décisions de démantèlement proposées et votées par la droite et l’extrême droite.

Le parti socialiste est clairement ancré à gauche, et l’ancre ce n’est pas seulement Pierre Vanek. Mais si l’on suit son raisonnement, lorsqu’une ancre dérape et qu’il y a risque de se fracasser dans les roches, il est parfois nécessaire de couper l’amarre et de laisser l’ancre et la chaîne au fond de la mer. Pour ma part, l’Alternative est encore le seul moyen de reprendre la majorité à Genève. Mais pour cela il faut que l’Alternative soit une force de proposition et pas seulement une force de dénonciation comme le préconise Pierre Vanek.

Le travail constructif que nous menons avec les Verts est certainement la piste à suivre. Les diverses composantes de l’Alliance de gauche seront les bienvenues, si elles acceptent les principes fondamentaux de la démocratie et du respect.
Le répit électoral sera de courte durée, l’échéance 2005 pour le renouvellement du Grand Conseil et du Conseil d’Etat devra être la première préoccupation de la nouvelle direction qui sera élue lors du prochain congrès le 20 mars 2004.

La construction d’une majorité parlementaire et gouvernementale prend du temps, mais le terrain actuel devrait nous être favorable, ne le gâchons pas !

Vive le socialisme !


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