Cela a changé ;-(
Lundi 10 octobre 2005

Genève avec un parlement où l’extrême droite est quasi majoritaire

Une soupe à la grimace un peu dur à avaler en ce lundi matin ensoleillé

Le slogan de campagne du PS était « Souriez, ça va changer ».

  • Ben voilà, ça a changé.
  • Et le sourire est amer.
  • Or donc, au soir de l’élection du Grand Conseil, quelques constats :

    • Un électorat minoritaire dans population (la majorité des habitants n’a pas le droit de vote) ;
    • un électorat actif minoritaire dans l’électorat (la majorité des électeurs s’est abstenue) ;
    • une majoritaire parlementaire minoritaire dans les urnes (l’Entente a obtenu une majorité relative de sièges sans obtenir une majorité de suffrages)
    • une gauche qui « pèse » en gros 45 % de l’électorat, comme d’hab’, mais un tiers seulement du parlement
    • une Alliance de Gauche (canaux historique et habituel) qui « pèse » toujours plus de 13 % de l’électorat, mais qui n’a plus aucune représentation parlementaire.

    PREMIÈRE CONCLUSION : VIVEMENT LA CONSTITUANTE !

    même si c’est une mauvaise idée…

    Pour le reste, la gauche a atteint tous ses objectifs :

    1. La gauche reste minoritaire au parlement, et dans les urnes. Elle n’aura donc pas à assumer l’héritage des quatres années précédentes de gestion de droite ;

    2. Grâce à la subtile stratégie mise en place par les deux composantes de l’AdG, aucune des deux n’obtient le quorum : c’est près de 14 % des suffrages qui sont perdus pour l’Alternative ; plus le pourcent et des poussières obtenu par les Communistes : total, 15 % de suffrages claqués pour des prunes ;

    3. La fragmentation du parlement en sept groupes de force comparable exclut toute majorité stable : l’Entente n’est pas majoritaire en sièges, l’Alternative (réduite au PS et aux Verts) évidemment non plus, et une vingtaine de sièges physiquement occupés par l’UDC et le MCG vont rester politiquement vides ;

    4. L’électorat actif ayant délivré deux messages clairs : « Y’en a marre » et « Allez vous faire foutre », on va passer quatre ans à sauter de référendum en référendum tous les trois mois, un coup à gauche, un coup à droite, pour au bout du compte ne pas avancer d’un pouce.

    Dans ces conditions, il incombe aux Socialistes de relancer la pétition pour le rachat du canton par la Ville, pour un franc symbolique (et encore, on y perd).

    Il incombe aussi de renforcer la présence socialiste extra-parlementaire, et les mobilisations hors des institutions politiques cantonales.

    Il incombe enfin aux Socialistes de s’appuyer sur les institutions où la gauche avec les verts sont majoritaires, ou devront l’être soit l’ensemble des communes urbaines.

    DEUXIÈME CONCLUSION : VIVE LA COMMUNE !

    surtout celle de la révolution française…

    Une prose pompée et un peu bricolée à mon ami Pascal H.