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Cérémonie de destruction du mandala de sable

mercredi 23 juin 2010 par Boris Wastiau

Discours prononcé, en tant que directeur du MEG, lors de la cérémonie de destruction du Mandala et de la fête de fin d’année de l’école Carl-Vogt.

Un événement haut en couleur, suivi par plusieurs centaines de personnes (amis du musée et habitants du quartier).

Excellences, Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux, chers Amis de la SAMEG, chers Amis de la Fondation pour le MEG, chers Voisins de l’école Carl-Vogt, chers Collègues, Mesdames et Messieurs, chers Enfants, soyez les bienvenus.

Dans le bouddhisme, le hasard n’existe pas. Il était donc écrit que les moines Jangchup, Choster, Lobsang, Kunga et Sonam, de la vallée du Zanskar dans l’Himalaya indien, rejoindraient le MEG pour y créer, dans le prolongement de l’exposition Le regard de Kannon, l’extraordinaire mandala de sable dont vous avez pu admirer la réalisation ces derniers jours.
Au MEG non plus, le hasard n’existe pas. Depuis trois ans déjà, son équipe écrit patiemment une page décisive de son histoire, son plus important agrandissement en plus d’un siècle, avec le précieux concours d’innombrables collègues au département de la culture, au département des constructions, avec le soutien de la SAMEG, de la Fondation pour le MEG et de nombreuses autres personnes encore. Qu’ils soient tous remerciés ici.

L’agrandissement architectural est une chose, la vision de tout ce que l’institution pourra offrir aux publics dans son nouvel écrin en est une autre : lieu de rencontre, de réflexion, de dialogue et d’enseignement autour de ses expositions, le MEG nouveau offrira, au bénéfice de tous et dans un souci d’excellence, une fenêtre agrandie sur le monde, un plus beau pont entre les cultures. Or ce projet est aujourd’hui menacé par un certain nombre de personnes qui s’y opposent, car nous ne sommes malheureusement pas encore parvenus à leur faire prendre toute la mesure de l’importance de cette réalisation pour le quartier, pour la collectivité genevoise, pour nos nombreux visiteurs mais surtout pour les générations à venir : son importance sociale et culturelle mais également son importance économique. Cependant, l’équipe du MEG s’efforce de rester « zen » et continue surtout de travailler de manière déterminée dans la voie qu’elle s’est tracée.

La venue de moines du Zanskar nous a également permis de nous associer à la fête de fin d’année de l’école Carl-Vogt, alors que nous ne sommes nous-mêmes plus à fêter le début de notre chantier, repoussé par l’échéance référendaire. C’est encore l’occasion, pour l’équipe du MEG, de placer le projet d’agrandissement qui lui est cher sous les auspices du bodhisattva Kannon.

Alors ce soir, Mesdames et Messieurs, vous avez, toutes et tous, un grand privilège : celui de rehausser de votre présence, physique et spirituelle, la cérémonie de destruction d’un mandala. Le mandala est le plan d’une méditation, observé du point de vue d’un oiseau, où les symboles et les couleurs sont strictement codifiés. Le simple fait, dit-on, de regarder un mandala procure des mérites et des bienfaits infinis. Celui réalisé au MEG est un mandala de Chenrezig, le nom tibétain de Kannon, le bodhisattva de la Compassion. Il représente l’activité mentale de Kannon, figurée par les cinq syllabes de sa formule (mantra) inscrites sur les pétales du lotus central : Om Ah Hūm Trām Hrī. Au cours de la semaine écoulée, un grand nombre de visiteurs lui ont confié en secret quelques-unes de leurs préoccupations actuelles…. Si un mandala se construit avec une minutie et une patience impressionnantes pendant plusieurs jours, le point culminant de sa réalisation demeure, symbole de l’impermanence des êtres et des choses, l’instant de sa destruction et la cérémonie qui l’entoure. Tout à l’heure, ceux qui le désirent pourront accompagner les moines dans l’accomplissement de la dernière étape du rituel, à savoir la restitution à la nature des sables colorés utilisés dans la création de l’oeuvre. Les sables seront confiés, comme il se doit, au fleuve le plus proche, c’est-à-dire aux eaux de l’Arve, répandant ainsi dans l’univers les mérites infinis accumulés pendant la création du mandala.

Avant de terminer, je tiens à remercier la SAMEG pour le soutien qu’elle a apporté à la réalisation de cet événement. Je salue également la présence parmi nous du speaker du parlement tibétain en exil, M. Pempa Tsering. Je remercie les enfants de l’école Carl-Vogt, les enseignants et les parents, pour leur participation active à notre cérémonie. Je remercie l’Association Rigsen-Zanskar qui est à l’origine de la présence des moines en Suisse et au MEG. Je présente enfin mes sincères remerciements aux moines pour leur présence lumineuse en nos murs et la sérénité qu’ils ont apportée au MEG ces derniers jours (du moins était-ce le cas pour moi) et, surtout, pour la gentillesse si remarquable avec laquelle ils ont accueilli une foule de visiteurs venue les rencontrer, les observer travailler et les écouter prier ― ils étaient plus de mille le week-end passé. Je leur souhaite un très bon retour dans leur monastère et je vous remercie, Mesdames et Messieurs, chers Amis pour votre attention. Je passe maintenant la parole à Madame Perrotet, Directrice d’établissement Mail puis à Monsieur Patrice Mugny, Conseiller administratif en charge de la Culture.

Voir en ligne : Le site du MEG

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