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[Caisse sociale unique] 11 mars 2007 : un OUI pour le bien public

samedi 17 février 2007.

Les opposants à la caisse maladie unique et sociale ont impulsé une campagne encombrée de spéculations prédisant un financement cataclysmique de l’assurance-maladie obligatoire en cas de « oui ». Le désarroi des électeurs devient perceptible, quand bien même une approche raisonnée est possible. En effet, un système de santé de 50 milliards de francs par an ne va pas partir en vrille du jour au lendemain. Le changement dans la gestion de l’assurance-maladie obligatoire n’aura pas une influence immédiate. La consommation médicale ne va pas prendre l’ascenseur, les employés des caisses maladie resteront indispensables aux agences d’une caisse unique et les 16 milliards de primes payés aujourd’hui seront toujours déboursés, mais selon une clé de répartition plus sociale.

En focalisant sur la facture des individus, ces calculs d’épicier encouragent l’égoïsme et cachent les enjeux fondamentaux de ce vote. Car la question posée intéresse non seulement la santé « privée », mais aussi la santé publique. En Suisse et dans le monde entier.

La mondialisation chère aux tenants du marché et de la concurrence entraîne en effet la globalisation des insécurités et la multiplication des risques. Notamment sanitaires. Le monde –tout le monde, y compris les Suisses– ne peut rester indifférent aux risques de mutation du virus de la grippe aviaire par exemple. Pour circonscrire ce danger et éviter –égoïstement– d’être un jour contaminé dans nos pays, il importe d’améliorer sans retard les systèmes sanitaires et éducatifs en Asie. Cela passe par un financement proportionnel des pays riches à la tâche désormais commune de protéger l’humanité –partout dans le monde– contre les fléaux du sida en Afrique, de la vache folle en Europe ou de la grippe aviaire en Asie. Dans ce but, extraire la santé du marché est impératif, puisque c’est précisément la soumission à ses lois qui a créé les problèmes à combattre.

La santé rejoint ainsi l’eau, l’air ou l’équilibre climatique parmi le bien commun de l’humanité. Tous les pays doivent contribuer –ensemble, mais aussi chacun dans ses frontières– à réduire le réchauffement climatique ou à renforcer l’éducation à la santé. La Suisse ne pourra être utile au monde si elle n’applique pas elle-même, dans sa juridiction, les principes de cette solidarité. Pour contribuer à construire le progrès social et à protéger le bien public, la « brique » que chaque citoyen helvétique tient en main est son bulletin de vote.

Editorial signé Michel Schweri dans Le Courrier du samedi 17 février 2007


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